En France, environ 4 millions de personnes souffrent d’un asthme, parmi lesquelles 5 à 10 % seraient asthmatiques sévères. Les biothérapies de l’asthme sévère (AS) ont démontré leur efficacité sur la réduction du fardeau de la maladie. Cependant, les données récentes quant à leur utilisation en France restent limitées.
Décrire, à l’échelle nationale et départementale, la prévalence de l’AS, les modalités du parcours de soins et l’utilisation des traitements en 2024.
Les données de délivrance des traitements de l’asthme ont été analysées à partir de la base de données LRx IQVIA du 1er janvier au 31 décembre 2024 (environ 9 200 [47 %] officines de ville partenaire couvrant près de 47 millions de patients) avec un historique jusqu’à 9 ans avant la période de ciblage. Trois algorithmes complémentaires ont été utilisés pour détecter l’asthme et l’asthme sévère en cas de délivrance d’un traitement de la classe R03 et/ou un traitement biologique. Un comité scientifique constitué d’experts de l’AS a développé des règles pour définir le contrôle de l’asthme et les modalités de la prise en charge dans le parcours de soins selon les traitements délivrés en pharmacie.
En 2024, 3 770 977 personnes étaient considérées asthmatiques, dont 301 040 asthmatiques sévères (7,98 %). Parmi les asthmatiques sévères, 132 259 patients seraient éligibles à une biothérapie, mais seulement 42 889 patients (32 %) recevaient une délivrance de ces traitements. Chez les patients biotraités, 3 % (1 345) étaient sous corticoïdes oraux au long cours, contre 9 % (8 155) chez les asthmatiques sévères non biotraités. Enfin, près de 71 % (182 356) des asthmatiques sévères non biotraités étaient suivis exclusivement par un médecin généraliste en 2024.
L’utilisation des biothérapies de l’AS concernerait environ un tiers des patients bioéligibles. Une grande proportion des asthmatiques sévères bioéligibles et non traités est suivie uniquement en médecine générale. Une optimisation du parcours de soins, à l’échelle nationale et locale, est nécessaire pour fluidifier la prise en charge de ces patients en France et faciliter l’accès aux traitements.